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Société des antiquaires de Normandie
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2001 - Colloque Arcisse de Caumont

organisé par la Société des antiquaires de Normandie

Bicentenaire de la naissance d’Arcisse de Caumont

ARCISSE DE CAUMONT,érudit normand et fondateur de l’archéologie française

Colloque international - Caen - 14-15-16 juin 2001

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Colloque

L’année 2001 correspondait au bicentenaire de la naissance d’Arcisse de Caumont (1801-1873), fondateur de nombreuses sociétés savantes (Société linnéenne de Normandie, Société des antiquaires de Normandie, Société française d’Archéologie pour la conservation des monuments historiques, Association normande, etc.) et père de l’archéologie médiévale en France. Ce colloque était organisé par la Société des antiquaires de Normandie, en relation avec les autres fondations de Caumont et les administrations patrimoniales contemporaines. Il a eu lieu à Caen, siège originel de toutes ces société, en parallèle à l’inauguration de l’exposition du Musée de Normandie intitulée « Confidences de collections, d’Arcisse de Caumont au milieu du XXe siècle ». Ce colloque a es-sayé d’exposer le résultat des dernières recherches et a permis de faire le point sur la personnalité, l’œuvre et l’influence d’Arcisse de Caumont.

V. Juhel


programme des journées


Jeudi 14 juin

LA NORMANDIE AU TEMPS D’ARCISSE DE CAUMONT

par Jean LASPOUGEAS, maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université de Caen

La Révolution n’a pas été seulement une accumulation exceptionnelle de crises mais le principe d’une rupture dans l’histoire provin-ciale, par effacement des provinces dans un espace (de droit privé comme de droit public) à l’échelle nationale. Cependant, au XIXe siècle, la Normandie demeure, et pas simplement comme cadre historique...

LES ARCHIVES D’ARCISSE DE CAUMONT, ÉTAT DE LA CONNAISSANCE

par Bernard HUCHET, archiviste-paléographe, conservateur en chef à la Bibliothèque publique d’information, Centre Georges-Pompidou

La tradition rapporte que les archives personnelles d’Arcisse de Caumont, conservées dans son hôtel particulier de Caen, furent détruites avec ce dernier dans les bombardements de 1944. Il serait donc vain de rechercher un fonds personnel organisé : la perte pour l’histoire est dramatique, si l’on songe que le Dr Gosselin, possesseur avant la Guerre de l’hôtel et de son contenu, n’en avait exploité qu’une partie pour les deux articles qu’il donna dans l’Annuaire des cinq départements en 1933 et 1937. Mais comme il se doit, la tradition n’est pas tout à fait exacte...

ARCISSE DE CAUMONT, UN ARCHEOLOGUE PROVINCIAL

par François GUILLET, professeur agrégé d’histoire, docteur en histoire contemporaine

Le but de cette communication est de montrer comment l’œuvre de Caumont s’enracine dans un milieu et dans une tradition provin-ciale et participe de la construction d’une identité régionale au XIXe siècle.

LA JEUNESSE D’ARCISSE DE CAUMONT

par le docteur Guy HERAUD, membre correspondant de l’Académie de médecine

Arcisse - nous sommes nombreux à nous interroger sur ce prénom - naît le 29 août 1801 à Bayeux. Naissance difficile qui faillit coûter la vie à sa mère. Il grandit à Bayeux entre son père François de Caumont, qui semble avoir été un homme sévère, et sa mère, née Marie Louise Hue de Mathan, femme inquiète qui se désolera bientôt de ce petit garçon indolent qui rechigne à tout travail scolaire...

LES RAPPORTS AVEC LES ANTIQUAIRES ANGLAIS

par Élisabeth LEWIS, conservateur honoraire du Musée de Winchester (Hampshire)

Nous voulons donner ici un aperçu de la scène archéologique anglaise des années 1830-1850. En deux décennies, Arcisse de Cau-mont accomplit une véritable révolution dans l’esprit de l’opinion publique quant à l’importance des monuments historiques du moyen âge. En quelques années, il effectua alors une œuvre capitale : il publia un Cours d’antiquités monumentales et s’y avouait volontiers l’élève des auteurs anglais pour ce qui est de son intérêt pour l’architecture médiévale ; il fonda la Société des antiquaires de Normandie et la Société française d’archéologie ; puis prépara plusieurs volumes du Bulletin monumental. Ses efforts, reconnus à l’étranger, inspirèrent alors une nouvelle génération d’antiquaires anglais...

ARCISSE DE CAUMONT, ACTEUR DU RENOUVEAU DES SCIENCES NATURELLES EN NORMANDIE

par Claude PAREYN, professeur émérite de géologie à l’Université de Caen

Auparavant, on parlait d’histoire naturelle, dans le sillage du comte de Buffon, aîné de près d’un siècle d’Arcisse de Caumont. Ce renouveau était en germe depuis que Georges Cuvier avait fait adjoindre au professeur d’histoire naturelle en place, qui tenait le haut pavé avec suffisance, un jeune chercheur prometteur qui déplut aux notables et enthousiasma les jeunes malgré son fort accent « estranger » car il était originaire d’Agen. C’était en 1808 et le jeune Caumont n’avait encore que 7 ans. Douze ans après, au début des années 1820, Lamoureux l’emballa...

CHARLES DE GERVILLE ET ARCISSE DE CAUMONT

par le docteur Michel GUIBERT, président de la Société des antiquaires de la Normandie

Gerville et Caumont, séparés par une génération, ont, par le hasard de leurs choix personnels, exploré les mêmes domaines scientifi-ques : la géologie, la botanique, l’économie, l’archéologie, etc., et pris les mêmes engagements politiques conservateurs. Malgré cela - ou à cause de cela -, leur relation n’a pas été facile, marquée par des hauts et des bas en rapport avec leur personnalité, et s’est terminée par une rupture. Un siècle et demi après leur disparition, que reste-t-il de leur œuvre ?

ARCISSE DE CAUMONT ET LES PROGRES DE L’ECONOMIE PROVINCIALE :QUELQUES OBJECTIFS POUR L’ASSOCIATION NORMANDE

par Bernard HUCHET, archiviste-paléographe, conservateur en chef à la Bibliothèque publique d’information, Centre Georges-Pompidou

La fondation de l’Association normande, en novembre 1831, fait apparaître Caumont sous les traits d’un propagandiste politique, féru d’économie régionale et de progrès technique, personnage inopiné sous les dehors de l’archéologue et de l’érudit fédérateur. Pour démontrer l’articulation qui permet au rédacteur du célèbre Cours d’archéologie les proclamations des premiers Annuaires des cinq départements de l’ancienne Normandie, il faudra nous pencher sur le terme-clef de décentralisation, objectif culturel, économique et social grâce auquel Caumont peut surmonter les clivages politiques et jeter des passerelles entre les diverses branches de sa prodigieuse activité...

LA REDECOUVERTE DE L’ARCHITECTURE MEDIEVALE DANS LA PEINTURE : L’EXEMPLE NORMAND

par Yves BOTTINEAU-FUCHS, professeur d’histoire de l’art à l’École d’architecture de Paris-Villemin

Les Anglais développaient, depuis le XVIIIe siècle, un genre nouveau dans la peinture, celui du paysage pittoresque, particulière-ment bien adapté à la vision romantique. Les archéologues utilisèrent à leur tour ce genre de paysages, pour y placer les monuments médiévaux dont ils voulaient célébrer la beauté. L’attitude anglaise fut rapidement adoptée en France où, depuis 1750, l’estampe diffusait des représentations de paysages. Dans le climat romantique du début du XIXe siècle, l’étude des monuments médiévaux, allait conduire les érudits anglais en Normandie où nombre de leurs collègues partagèrent rapidement leur préoccupation : faire connaître les édifices pour assurer leur conservation. La rencontre entre artistes des deux côtés de la Manche assura à la nouvelle croisade un retentissement certain...


Vendredi 15 juin 2001

LA COMMISSION DEPARTEMENTALE DES ANTIQUITES DE LA SEINE-INFERIEURE :UNE SOCIETE DES ANTIQUAIRES DE NORMANDIE AVANT LA LETTRE ?

par Loïc VADELORGE, maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines

La première Commission départementale des antiquités, fondée à Rouen le 28 février 1818 est contemporaine de la création à Caen de la célèbre Société des antiquaires de Normandie en 1824. L’intérêt manifesté très tôt par cette Commission pour la description puis la protection des monuments du passé, son désir d’organiser et de soutenir l’ouverture de chantiers archéologiques, sa volonté de créer un musée des antiquités pour recueillir et protéger les objets ou vestiges mis à jour, invitent au parallèle avec l’œuvre d’Arcisse de Caumont et les travaux de la Société des antiquaires de Normandie...

ARCISSE DE CAUMONT ET LA NAISSANCE DE L’ARCHÉOLOGIE MODERNE

par Guy VERRON, chargé de mission auprès du sous-directeur de l’archéologie

Arcisse de Caumont est sans conteste l’un des fondateurs de l’archéologie monumentale, celle qui étudie les édifices bâtis. Peut-il également être regardé comme l’un des pères de l’archéologie de terrain, celle qui explore les vestiges enfouis et en tire toutes les informations utiles sur l’histoire des populations correspondantes ? L’étude des travaux archéologiques de notre compatriote permettra d’en déduire la place occupée par Arcisse de Caumont dans l’évolution de l’archéologie de terrain...

LA THEORIE DE L’ART D’ARCISSE DE CAUMONT

par Maylis BAYLÉ, directeur de recherches au C.N.R.S., université de Paris-I Panthéon-Sorbonne

Arcisse de Caumont a su recueillir, grâce à ses enquêtes personnelles et aux informations systématiquement réunies après envoi d’un questionnaire, grâce aussi à la collaboration d’excellents artistes, un ensemble de données dont ne disposaient pas ses prédécesseurs. La présente communication envisagera successivement la théorie de l’art d’Arcisse de Caumont (principes de classification, cadres chronologiques, approche iconographique et symbolique) puis ses conceptions et ses méthodes, et l’impact de son œuvre sur le développement de l’histoire de l’art.

ARCISSE DE CAUMONT ET LES SOCIETES SAVANTES

par Jean-Pierre CHALINE, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Paris-IV Sorbonne, président de la Société de l’histoire de la Normandie

Dans ce colloque détaillant les multiples facettes du personnage et de son œuvre, mon propos visera à resituer Caumont dans le monde érudit de son temps, au niveau national aussi bien que normand. On s’interrogera donc successivement sur les points suivants : Que représentent les sociétés savantes en 1820 ? Quel est l’apport original d’Arcisse de Caumont ne ce domaine ? Dans quelle mesure, enfin, le succès des sociétés savantes fondées par Caumont, qui font de lui bientôt une personnalité d’envergure nationale, traduit-il une volonté des élites provinciales d’affirmer par là leur autonomie culturelle face à la capitale et à sa croissante emprise centralisatrice ?

ARCISSE DE CAUMONT ET LE SERVICE DES MONUMENTS HISTORIQUES

par Arlette AUDUC, conservateur du patrimoine, doctorante à l’École pratique des hautes études

En 1830, quand Guizot crée le poste d’inspecteur général des monuments historiques, il préconise la constitution en province de sociétés savantes pour contribuer à préserver les anciens monuments et il cite aux préfets la Société des antiquaires de Normandie dont il donne les statuts en exemple. À ses origines donc, le service des monuments historiques et la société fondée par Arcisse de Caumont ont les meilleures relations. Peu à peu cependant, les relations se dégradent puis se distendent...

L’INSTITUT DES PROVINCES ET LES ASSISES SCIENTIFIQUES : LES DETONATEURS D’UNE LUTTE POUR LA DECENTRALISATION INTELLECTUELLE

par Charlotte ROBERT, étudiante, université de Paris-X Nanterre

L’Institut des Provinces est une création (1839) voulue de longue date par Caumont et à laquelle il attachait la plus haute importance, or, c’est aussi son plus grand échec.

ARCISSE DE CAUMONT, UN COMMUNICATEUR NÉ ?

par Vincent JUHEL, doctorant, Université de Paris-I Panthéon-Sorbonne

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ARCISSE DE CAUMONT ET L’ALLEMAGNE

par Matthias NOELL, Centre allemand d’histoire de l’art (Paris)

Les relations scientifiques entre la France et l’Allemagne sont bien connues pour les disciplines comme la philosophie ou les sciences naturelles, mais en ce qui concerne l’histoire de l’art, on ne sait pas grand chose. Cette contribution est une première approche sur le sujet.


Samedi 16 juin 2001

GEORGES BOUET, ARTISTE ET ARCHÉOLOGUE NORMAND

par François SAINT-JAMES, conférencier du Centre des monuments nationaux

Parmi les collaborateurs d’Arcisse de Caumont, Georges Bouet (né en 1817) occupe une place importante. Devenu le dessinateur attitré de Caumont et le compagnon de voyages de ce dernier, il entre le monde de l’érudition en participant pendant plus de trente ans par le crayon et par la plume toutes les publications du grand archéologue (Statistique monumentale..., Bulletin monumental).

RAYMOND BORDEAUX ET ARCISSE DE CAUMONT : UNE COLLABORATION ERUDITE A L’EPREUVE DU TEMPS

par Charlotte ROBERT, étudiante, Université de Paris-X Nanterre

La rencontre d’Arcisse de Caumont et de Raymond Bordeaux date de 1847. C’est une bouffée d’oxygène pour Caumont qui se perd alors dans ses malheurs avec l’administration. Raymond Bordeaux a 26 ans. Il achève ses études de droit à Caen, devient avocat et s’installe à Évreux. En 1850, il est nommé inspecteur divisionnaire à l’Association normande et devient secrétaire de l’Institut des Provinces...

CHARLES VASSEUR, COLLABORATEUR D’ARCISSE DE CAUMONT POUR LES TOMES IV ET V DE LA STATISTIQUE MONUMENTALE.

par Jacky MANŒUVRIER, président de la Société historique de Lisieux et du Foyer rural du Billot « histoire et traditions po-pulaires »

Dans l’avertissement du tome V de la Statistique monumentale du Calvados, consacré à l’arrondissement de Lisieux, Arcisse de Caumont précise : « Dans ce volume comme dans le précédent, MM. Ch. Vasseur et A. Pannier, qui avaient exploré leur contrée depuis moi et avec plus d’attention que je l’avais fait il y a trente ans, ont bien voulu concourir largement à la rédaction ». La colla-boration de Charles Vasseur (1831-1896) aux tomes IV et V de la Statistique monumentale du Calvados, en particulier pour les deux cantons de Lisieux montre bien que sa réalisation fut un travail collectif, animé et coordonné par Arcisse de Caumont qui fit appel aux érudits locaux, membres de plusieurs sociétés savantes : Arthème Pannier pour la ville de Lisieux et quelques communes de la banlieue lexovienne, le vicomte de Neuville pour les notices des communes du canton de Livarot et le docteur Pépin pour le canton de Saint-Pierre-sur-Dives...

LÉON DE LA SICOTIÈRE ET ARCISSE DE CAUMONT

par Jean-Pascal FOUCHER, directeur des Archives départementales de l’Orne

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LES SOUVENIRS D’ARCISSE DE CAUMONT : LES EFFIGIES SCULPTEES

par Emmanuel LUIS, documentaliste en charge du fonds « patrimoine » à la DRAC de Basse-Normandie

La France du XIXe siècle, éprise d’histoire, prit soin d’exalter la mémoire des figures les plus incontestables et des événements les plus marquants de son passé. Arcisse de Caumont lui-même participa à ces célébrations inaugurant des monuments commémorant les victoires de Formigny ou du Val-ès-Dunes. Pour autant, cette France du XIXe siècle ne négligea pas ses contemporains les plus dignes, les signalant à l’attention de tous au moyen de supports variés : dictionnaires biographiques, médailles et en fin de compte monuments publics...

L’ACTUALITÉ D’ARCISSE DE CAUMONT

par Jean-Michel LENIAUD, professeur à l’École nationale des chartes, directeur d’étude à l’École pratique des hautes études

L’œuvre savante d’Arcisse de Caumont reste aujourd’hui encore comme un monument fondateur de l’archéologie médiévale en France, par ses objectifs, ses méthodes et ses résultats. Mais ce n’est pas à elle que se limite l’actualité de l’antiquaire normand : il faut aussi méditer sur le combat qu’il a engagé si longtemps pour la cause du patrimoine. Notamment sur ses engagements contre la centralisation administrative et culturelle et contre l’excès d’État : il entend rendre aux diversités provinciales (sous dirions aujourd’hui, régionales) leur place alors que la concentration de l’État et la croissance vertigineuse de la capitale tendent à les étouffer ; il veut aussi conserver à la société civile sa place dans la sphère des décisions alors que les administrations de l’État s’enferment dans le discours des professionnels de plus en plus nombreux qu’il salarie. Ces enjeux-ci sont les enjeux d’aujourd’hui : si tout est politique, dans le patrimoine comme dans le reste, rien n’oblige à penser que le politique se limite au pouvoir politique et aux fonc-tionnaires de l’administration. N’est-ce pas de l’opinion publique elle-même que devraient venir les grandes lignes à fixer à celui-ci comme à ceux-là. Caumont nous invite aujourd’hui à penser autrement la politique du patrimoine.

L’après-midi

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Visite de l’exposition « Confidences de collections, d’Arcisse de Caumont au milieu du XXe siècle », commentée par Jean-Yves MARIN, Conservateur du Musée de Normandie.

Remarques :
Les actes, actuellement en cours de publication, seront publiés dans la collection des Mémoires de la Société.